lanza-angelina-florent-perville-2Avec 13 médailles, 3 titres et une place dans le Top 16 des nations, l’équipe de France a engrangé une belle confiance pour les Jeux paralympiques 2016 mais ne doit pas se reposer sur ce bon bilan.

On ne va pas refaire le décompte détaillé de ces mondiaux, vous les avez suivis au jour le jour, mais plutôt exprimer les tendances qui se dégagent à la suite de ces dix jours de compétition.

Déjà cette équipe de France a une capitaine qui montre la voie à chaque instant. Sur la piste et en dehors, dans les chronos et les attitudes, Marie-Amélie Le Fur est clairement le leader sportif et moral des Bleus et semble déjà être source d’inspiration chez les plus jeunes, qui ont suivi ses performances à la télévision ou sur les réseaux sociaux. Quatre médailles dont deux en or, une disponibilité permanente, un sourire éternel. Qui n’a pas envie de suivre Marie-Amélie Le Fur à Rio ?

Pierre Fairbank est aussi ce leader charismatique qui montre le chemin chez les fauteuils. Deux médailles individuelles plus une en relais, à 44 ans le Néo-Calédonien tient certainement la forme de sa vie. Que ceux qui veulent le suivre…

Nantenin Keita, Louis Radius, Mandy François-Elie et Timothée Adolphe, un peu malchanceux tous les deux sur ces championnats, étaient attendus, ils ont répondu présent. On espère encore mieux malgré tout pour les deux derniers cités.

Les autres athlètes tricolores ont su également tirer parti de leur séjour au Qatar en battant un record personnel, en prenant une place dans les huit premiers ou en quittant la piste avec le sentiment d’avoir tour donné. S’ils sont plus gourmands, qu’ils ne se gênent pas.

Ce bilan peut paraître un peu angélique mais pas tant que cela après tout. En se classant 16e nation, la France tient bien son rang puisqu’à Lyon en 2013 elle avait fini 21e (14 médailles dont 3 en or) et 15e aux Jeux de Londres (13 médailles dont 4 en or). Dans un contexte toujours plus relevé, elle parvient à se maintenir parmi les meilleures. On n’oubliera pas non plus les quotas pour Rio gagnés grâce aux titres et aux 2emes places lors de ces championnats.

Il faut préciser que la santé d’une nation ne se définit pas seulement par rapport à son classement au tableau des médailles qui se fait uniquement sur l’or. Les médailles comptent évidemment, la Grande-Bretagne (31 médailles/13 or) et l’Allemagne (24/8), pays au profil sensiblement identiques au nôtre, sont largement devant la France c’est net. Mais peut-on dire que la Belgique et Cuba sont plus forts juste par ce qu’ils ont respectivement 5 et 7 médailles d’or avec un total inférieur à dix ? Pas sûr. La politique vis-à-vis des jeunes, la représentation dans bon nombre de catégories sont des valeurs peu quantifiables mais qui comptent dans un bilan.

Ce qui est sûr, c’est qu’à ce niveau de compétition il n’y a plus de places pour la demi-performance car chaque médaille ou place en finale se jouent sur des détails, à l’arraché, dans un contexte extrêmement relevé. Doha 2015 a montré les exigences du haut-niveau actuel, Rio 2016 devrait demander un palier supplémentaire à franchir pour des Bleus plutôt brillant aux mondiaux mais qui savent dès aujourd’hui que les compteurs sont remis à zéro et que le Brésil est encore loin.

Alors à vos marques ! Prêt ? Qui a envie de partir ?…// Renaud Goude

Julien Héricourt, Directeur Sportif : « L’équipe s’est montrée rassemblée tout au long de cette compétition. Nous avons su faire face à certaines injustices comme celle vécue sur le 400m T11  (Tim et son guide Fadil, un temps médaillé d’argent pour au final se voir remettre le bronze) pour nous souder encore un peu plus. En démontre la présence de tout le clan français dans les tribunes, autour de notre capitaine Marie-Amélie, lors du relais 4x400m fauteuil, dernière épreuve de ces Mondiaux. Un clan qui a donné de la voix et poussé Julien Casoli dans sa dernière ligne droite. Une médaille de bronze gagnée avec le cœur, et notre équipe de France en a un énorme. Une médaille de bronze gagnée en équipe dans un sport individuel. Un collectif au service l’individu. L’adversité était au rendez-vous, nous avons su répondre présent y compris chez nos jeunes sélectionnés. Ne nous cachons pas, il y a eu aussi des déceptions et nous avons joué parfois de malchance, mais c’est le lot du sport de haut niveau. C’est principalement là-dessus que nous devons encore travailler, faire en sorte que les éléments nous soient favorables. Il y a sûrement des paramètres à revoir, nous allons avec le staff faire un bilan de cette compétition. Mais à n’en pas douter, nous sommes sur la bonne route pour Rio et au retour de ces Mondiaux je ne retiens que du positif, les performances et les émotions transmises par nos athlètes. Ils écrivent l’histoire de l’athlétisme handisport, un sport de plus en plus exposé médiatiquement. De quoi mettre en lumière leur talent et leur personnalité ».

Les Résultats

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